Jean Rouppert

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Mot-clé - japonisme

vendredi, 18 septembre, 2015

Les Paysages

Dans ses écrits, Jean Rouppert souligne l'importance qu'il accorde à la nature comme source inépuisable pour l'artiste. De plus, l'étude de sa trajectoire artistique montre une multitude de techniques utilisées, de styles différents qu'il a expérimentés et pour certains développés, de nombreux genres abordés. Les paysages dessinés ou peints à la plume, à l'aquarelle, à la gouache ou aux lavis d'encre s'étendent de 1915 à 1970. Ne permettant pas de catégoriser les différentes œuvres au premier degré, nous trouvons cependant le projet esthétique de rendre le vague à l'âme. De plus, son engagement comme dessinateur dans les Etablissements Gallé à Nancy entre 1913 et 1924, le sensibilise évidemment à la facture décorative et japonisante. A travers une analyse des différents paysages, il est possible de dégager trois points de repère.

La première référence concerne le paysage pittoresque, romantique. C'est plutôt le dessiné au crayon ou à la plume qui domine ; l'aquarelle ou les lavis bistre, sépia ou noir apportent l'ambiance. Par une référence forte aux Burg, ces dessins rejoignent souvent les styles Troubadour, néogothique et romantique. Entre 1968 et 1970, pour se faire plaisir, comme il disait, Jean Rouppert, âgé alors de 80 ans, produit des aquarelles nommées Mes châteaux en Espagne. Aux teints pastels, bleu, gris et orangé, des châteaux, des ruines ou des bourgs imaginaires s'étagent sur des pitons rocheux ou autour de ponts moyenâgeux.

Un autre regroupement est davantage moderne. Forme, couleur, symbole, décoration font penser aux différentes variantes du synthétisme et de l'Art nouveau. Jean Rouppert utilise là plutôt la gouache ou des techniques mixtes et des couleurs chaudes. Les formes connaissent des simplifications.

Plus proche de la réalité observée, le troisième point de repère est le paysage d'après nature inspiré des lieux où il a résidé ou qu'il a visité. Ce sont surtout des aquarelles qui expriment cette approche naturaliste. On y perçoit des rapports à des artistes allemands tels Hans Thoma.

Évidemment, certains paysages trouveront une place entre les points de repère, notamment les nocturnes où des dégradés de bleu, rehaussés de blanc apportent une lumière lunaire et une ambiance romantique qui supplante l'aspect champêtre. Dans le même esprit, mais en centrant les coloris mats sur une gradation du vert et du beige, Jean Rouppert nous lègue Les Pins, faisant penser à Puvis de Chavannes ou aux Nabis.

Le mode de travail de Jean Rouppert n'est pas univoque. Des photos le montrent avec son chevalet et dessinant sur le terrain. D'autre part, à partir d'esquisses ou de reproductions photographiques, il dessine et peint dans son atelier. Il recherche rarement la reproduction fidèle des lieux qui l'inspirent.

Gallé et les Arts décoratifs

Grâce à ses dons de dessinateur, Jean Rouppert est embauché dans les Établissements Émile Gallé à Nancy en 1913, d'abord comme apprenti décorateur, puis comme dessinateur professionnel. Cette reconnaissance de son talent représente une étape importante dans sa trajectoire d'artiste ; la verrerie Gallé est un fleuron de l'Art nouveau en France. C'est dans cet univers que Jean Rouppert fait connaissance, par l'intermédiaire d'une part de maîtres et d'autre part de documents, livres ou revues spécialisés, des styles et tendances artistiques qui ont influencé l'Art nouveau à la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle. Dans ce contexte, Jean Rouppert est aussi attiré par le japonisme. Cependant ses dessins relèvent autant d'un naturalisme que d'une facture décorative et japonisante pratiqués chez Gallé. Il est amené à proposer de nombreux projets de décoration pour la production de vases, lampes, meubles et autres objets décoratifs et développe le dessin de fleurs, insectes, oiseaux ou poissons.

Il quitte Nancy et Gallé en 1924 et débute comme compositeur en dessin de soierie chez Dubuis à Lyon. Puis, à partir de mai 1925, il devient artiste indépendant et ouvre son propre atelier. Tout en poursuivant sa trajectoire artistique propre, il exécute conjointement pour gagner sa vie, des dessins pour des lithographes, des photograveurs et des imprimeurs. A partir de 1927, son client principal est la manufacture de papiers couchés et de fantaisie Keller-Dorian à Lyon, société de renommée mondiale avec ses dépôts à Paris, Berne, Milan, Barcelone, Londres, Bruxelles et New York. Les motifs qu’il crée sont ceux en vogue à l’époque, c’est-à-dire l’Art déco ; ainsi pour les papiers peints, ils se font de plus en plus géométriques. Nonobstant cette mode, Jean Rouppert continue par ailleurs de produire des dessins utilisant l’art floral et les arabesques, notamment pour la décoration de boîtes.

Un autre domaine de travail, également alimentaire, est la publicité, ainsi que l’illustration. En exemple des cornets pour confiseurs ou des couvertures des revues L’Auto ou L’Illustration.

Dans un esprit décoratif, il accorde son intérêt aussi à la mode, aux nus et aux danseuses, mais aussi aux gens du monde plus au moins marginal, telles les courtisanes. En considérant sa trajectoire artistique dans son ensemble, on peut constater un passage de style de longue durée, allant de l'Art nouveau vers l'Art déco. Est-ce que le point culminant se situe entre 1939 et 1941 avec les deux sculptures de la danseuse Salomé, faites avec un arrière fond, l'une, végétale tout en courbes et l'autre avec un aspect plus géométrique par l'intermédiaire de ronds.

Sculptures et dessins animaliers

mardi, 14 janvier, 2014

Billet historique 2012

C'est un grand cru concernant la visibilité de Jean Rouppert.



La Municipalité de Custines a voté la proposition de nommer la Médiathèque Jean Rouppert. Lors de l'inauguration, deux dessinateurs, Peb et Fox, en direct, ont représenté Jean Rouppert en train de se sculpter à partir d'un tronc d'arbre.

Mediatheque de Custines 2012

Événement phare dans ce projet de mise en valeur de l’œuvre de Jean Rouppert est sans aucun doute l'exposition personnelle Les animaux de Jean Rouppert – entre japonisme et arts décoratifs au Musée Poulain à Vernon (27). Le catalogue magnifique vient rehausser l'importance de cette exposition.

Expo Vernon 2012

Pour une première, Jean Rouppert trouve place dans une galerie parisienne lors de l'exposition Manimale à la Galerie Petite Vivienne dans le passage Vivienne au cœur de Paris.