Grâce à ses dons de dessinateur, Jean Rouppert est embauché dans les Établissements Émile Gallé à Nancy en 1913, d'abord comme apprenti décorateur, puis comme dessinateur professionnel. Cette reconnaissance de son talent représente une étape importante dans sa trajectoire d'artiste ; la verrerie Gallé est un fleuron de l'Art nouveau en France. C'est dans cet univers que Jean Rouppert fait connaissance, par l'intermédiaire d'une part de maîtres et d'autre part de documents, livres ou revues spécialisés, des styles et tendances artistiques qui ont influencé l'Art nouveau à la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle. Dans ce contexte, Jean Rouppert est aussi attiré par le japonisme. Cependant ses dessins relèvent autant d'un naturalisme que d'une facture décorative et japonisante pratiqués chez Gallé. Il est amené à proposer de nombreux projets de décoration pour la production de vases, lampes, meubles et autres objets décoratifs et développe le dessin de fleurs, insectes, oiseaux ou poissons.

Il quitte Nancy et Gallé en 1924 et débute comme compositeur en dessin de soierie chez Dubuis à Lyon. Puis, à partir de mai 1925, il devient artiste indépendant et ouvre son propre atelier. Tout en poursuivant sa trajectoire artistique propre, il exécute conjointement pour gagner sa vie, des dessins pour des lithographes, des photograveurs et des imprimeurs. A partir de 1927, son client principal est la manufacture de papiers couchés et de fantaisie Keller-Dorian à Lyon, société de renommée mondiale avec ses dépôts à Paris, Berne, Milan, Barcelone, Londres, Bruxelles et New York. Les motifs qu’il crée sont ceux en vogue à l’époque, c’est-à-dire l’Art déco ; ainsi pour les papiers peints, ils se font de plus en plus géométriques. Nonobstant cette mode, Jean Rouppert continue par ailleurs de produire des dessins utilisant l’art floral et les arabesques, notamment pour la décoration de boîtes.

Un autre domaine de travail, également alimentaire, est la publicité, ainsi que l’illustration. En exemple des cornets pour confiseurs ou des couvertures des revues L’Auto ou L’Illustration.

Dans un esprit décoratif, il accorde son intérêt aussi à la mode, aux nus et aux danseuses, mais aussi aux gens du monde plus au moins marginal, telles les courtisanes. En considérant sa trajectoire artistique dans son ensemble, on peut constater un passage de style de longue durée, allant de l'Art nouveau vers l'Art déco. Est-ce que le point culminant se situe entre 1939 et 1941 avec les deux sculptures de la danseuse Salomé, faites avec un arrière fond, l'une, végétale tout en courbes et l'autre avec un aspect plus géométrique par l'intermédiaire de ronds.